Tribune du Président de la République sur l'identité nationale et l'islam - décembre 2009

Publié le par francois-grosdidier.over-blog.com

Je suis le seul maire de France à avoir construit une salle de prières pour les musulmans, intégralement sur fonds publics (et légalement car ma commune se situe en Moselle, département concordataire où, selon le juge administratif, la loi de 1905 n'est pas opposable).

 

Dans ma ville de 70 % de logements sociaux où, avant que j'en sois maire, Le Pen montait à 40 % dans certains bureaux de vote, j'ai rétabli l'ordre républicain (23 policiers municipaux et 60 caméras de vidéosurveillance pour 14 000 habitants), l'égalité des droits sociaux (plan local de lutte contre les discriminations, école de la 2ème chance...) et religieux (partie musulmane au cimetière, salle de prières) et ainsi la sérénité et la fraternité.

 

Le débat sur l'identité nationale est sain et opportun. Dans ma ville qui est un concentré de la France plurielle, chacun se repliait sur lui. Les « Français de souche » ou qui croyaient l'être ne se reconnaissaient plus dans une France qui changeait de repères et ne leur assurait plus ni sécurité physique, ni psychologique. Les citoyens d'origine étrangère ne pouvaient pas se reconnaître dans une France qui les discriminait dans l'emploi, l'habitat ou les conditions matérielles du culte. Les frustrations et les incompréhensions nourrissent la haine de l'autre.

 

Le dialogue permet la compréhension qui instaure la concorde. Je l'ai vérifié par ce débat dans ma commune. Ces dernières années, le fossé s'est creusé en France et dans le monde entre musulmans et non-musulmans. Dans l'actualité internationale, un seul terroriste fait plus parler de lui qu'un million de bons musulmans. En France et en Europe, on aborde la question musulmane par le petit bout de la lorgnette (voile, burqa, minarets), dans la caricature et la confusion.

 

Il faut une approche globale et équilibrée, portant sur les vrais problèmes et leur donnant leur juste importance. Il faut, dans le même mouvement : - avec fermeté, rappeler à l'ordre républicain les musulmans qui doivent l'être : interdire que l'on restreigne la liberté des filles et des femmes, interdire que l'on soustraie des élèves à certains enseignements et tout individu aux lois de la République, - avec générosité, établir l'égalité des droits en adaptant les modalités de la Loi de 1905 à ces principes de neutralité de l'Etat entre les religions et d'égalité de traitement de toutes les religions.

 

La loi de 1905 dit « pas d'argent pour les cultes... sauf pour les lieux de culte construits avant 1905 » soit la quasi-totalité des églises, synagogues et temples protestants. Les pratiquants de la deuxième religion de France devraient rester éternellement moins égaux que les autres parce qu'ils n'étaient pas là en 1905. Ce n'est pas cela l'égalité républicaine, ni l'identité nationale française.

 

Nicolas SARKOZY démontre qu'il a la lucidité pour le voir, la générosité et le courage pour le dire. N'oubliant aucun des « enfants de la République », il se révèle en vrai « père de la Nation ».