Sommet de Copenhague : pour que Copenhague ne soit pas un Munich de l’environnement ! - décembre 2009

Publié le par francois-grosdidier.over-blog.com

Le Sommet de Copenhague revêt probablement le même niveau d’importance pour l’avenir de la planète que le furent la Conférence de Yalta ou les Accords de Breton Woods. Il s’agit donc de ne pas se tromper sur les attentes légitimes que nous devons avoir, en tant que citoyens français et européens, comme en tant qu’humanistes préoccupés par l’ensemble de la planète.

 

S’il est vrai qu’il faut impérativement trouver un accord sur les engagements post-Kyoto pour une réduction massive des émissions de gaz à effet de serre, les véritables enjeux de Copenhague dépassent très largement ce cadre. Ils sont politiques autant que moraux.

 

Politiques car nous devons réfléchir à une nouvelle organisation et à de nouvelles réglementations de l’économie mondiale. Si l’on considère le seul critère des émissions de GES et pour inverser réellement l’évolution actuelle, les pays développés devraient s’engager sur une réduction de 40% d’ici 2020 et de 75% d’ici 2050. Or cet objectif ne peut être atteint par une simple adaptation des outils de production existants ou de nos modes de consommation. Il s’agit d’une profonde révolution de nos modes de vie et de pensée qui nécessite de traiter des questions comme celle de la surconsommation, l’un des piliers sur lequel reposent la croissance et l’emploi des pays développés, ou celle de la démographie, centrale pour les pays en développement.

 

Enjeux moraux car les pays les plus développés ne peuvent pas imposer de réelles contraintes environnementales aux pays en développement sans leur en fournir les moyens. Or, alors que les dépenses militaires des pays développés s’élèvent à plus de 1200 milliards de dollars par an, nous demeurons incapables d’apporter les 100 milliards nécessaires pour résorber une grande partie de la famine mondiale. Pourquoi dans ce cas ces mêmes pays riches accepteraient-ils, et pourraient-ils, dégager cette même somme, évaluée par la Commission européenne, pour financer le développement vert des pays du Sud. En pleine période de crise économique, cet effort s’évaluerait pour notre seul pays a plus de 4 milliards d’euros ! Le pouvons-nous ? Si ces questions ne sont pas traitées à très court terme, quels que soient les résultats du sommet et la satisfaction que les uns et les autres ne manqueront pas d’afficher, Copenhague restera pour les générations futures comme un nouveau Munich.

 

Personne ne pourra honnêtement dire : nous ne savions pas !

Publié dans COMMUNIQUES

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