Signature du contrat particulier Etat-Région à Matignon : Une mise en scène magistrale pour un non-évènement !

Publié le par francois-grosdidier.com

Invité sans plus de renseignement à Matignon pour la signature du contrat particulier entre la Région Lorraine et l’Etat, je suis venu, intéressé, et je suis resté sur ma faim.
 
Nous avons assisté à une mise en scène magistrale pour un non-évènement : Abusivement, Jean-Pierre Masseret a parlé de « révolution » et Jean-Marc Ayrault a dit que la Lorraine n’avait pas bénéficié d’une telle attention de l’Etat depuis «  le Plan Chérèque de 1984 », l’ancien préfet délégué étant cité par le premier pour sa phrase historique « il faut sortir les hauts-fourneaux de la tête des Lorrains ».
   
" Révolution " ? Non. L’intérêt de la démarche, il n’est pas nul, est de confirmer les pôles de compétitivités « fibres » et « matériaux » lancés au plan national par un ministre de l’Economie nommé Nicolas Sarkozy, le 27/10/2005 à Maizières-lès-Metz (IRSID).
Il est de leur donner un nouveau souffle et de mobiliser en Lorraine l’Etat, les collectivités territoriales, les partenaires économiques, scientifiques et sociaux.   
 
Parallèle avec « le Plan Chérèque de 1984 » ? C’est ignorer les plans Fabius, Chirac et autres… C’est surtout l’inverse aujourd’hui. Avec grandiloquence, ils ont consacré la banalisation de la Lorraine : 150 millions d’euros de l’Etat, soit un peu plus de 4 % de l’enveloppe globale de 3,7 millions d’euros annoncés le 12 septembre par François Hollande et Arnauld Montebourg, et déclinés dans 34 plans.  

 

La Lorraine est la première servie, chronologiquement, mais sa part de 4 % est strictement proportionnelle à sa population : le droit commun,  rien de plus, alors que les indicateurs socio-économiques sont largement sous la moyenne nationale.

 

Alors que la Région Ile-de-France est massivement aidée dans le cadre du Grand Paris, la Lorraine ne l’est pas sur ses infrastructures : des paroles mais pas un euro sur l’attractivité de son territoire et sur l’intermodalité.

 

" Sortir les hauts-fourneaux de la tête des Lorrains " ? Il faut les faire sortir à chaque fois, à chaque fois que le PS est au pouvoir, même à 30 ans d'intervalle, mais il fallait les y maintenir sous toute la présidence Sarkozy ! Cela ne renforcera pas le crédit du PS dans le bassin sidérurgique.

 

Nous sommes venus à Matignon avec un espoir pour la Lorraine. Il est déçu.

Certes, le nouveau souffle aux pôles de compétitivité est le bienvenu. Mais le gouvernement ne donne pas une goutte d'oxygène supplémentaire à la Lorraine.