Réponse à l’enquête de Médiapart sur les « combines » au bénéfice des « ONG de la droite »

Publié le par francois-grosdidier.com

« Enquête » ? Non ! Recueil d'une information provenant soit de la commission des finances de l'Assemblée Nationale, soit de l'exécutif, au moment où je fâche le lobby OGM en ayant révélé moi-même que j'avais affecté il y a quelques années ma réserve parlementaire au CRIIGEN, présidé par Corine Lepage, pour cofinancer l'étude du Professeur Séralini. Je suis alors immédiatement dénoncé par les « Contribuables Associés » et son organe « le Cri du Contribuable ». Ils évoquent un « cas flagrant d'utilisation clientéliste » de la réserve parlementaire. Ils expliquent que j'ai « délibérément dépassé (ma) mission en finançant un lobby ». Ils mettent enfin en cause « le passif du chercheur ». Je connais le passif criminel de Monsanto de par le monde, mais pas celui du Professeur Séralini. Mais l’attaque ad hominem est une pratique habituelle de ce lobby.

 

Par un tout autre biais, cette campagne rejoint celle d'autres milieux qui, au nom de la transparence, font campagne contre cette pratique de la réserve parlementaire.

Seules les commissions des finances des de

ux chambres du Parlement et le gouvernement connaissent les affectations des réserves par les parlementaires. Curieusement, la seule à être révélée est la mienne pour l'association Valeur Écologie, fondée par Serge Lepeltier à qui j'ai succédé à la présidence. Ce « think tank » dont la vocation est de rapprocher environnement et développement, écologie et économie, soutient des causes qui sont miennes. Mais elle n'a jamais servi mon intérêt personnel, pas plus que celui de mon prédécesseur. Ni même mon intérêt politique. Toutes mes campagnes électorales (législatives, municipales, cantonales, sénatoriales…) en attestent.

 

Je comprends que l'on conteste la pratique de la « réserve parlementaire », non pas « droit » au plan juridique, mais fléchage informel de subventions entre les commissions des finances du Parlement et le ministère du Budget. Je n'en ai jamais été un farouche partisan mais celle-ci existant, je l'utilise comme tous les parlementaires, sauf peut-être René Dosière qui la dénonce... Il conviendrait de le vérifier. Médiapart soutient qu'il y a un conflit d'intérêts au moins au plan moral.

 

Curieuse époque où, dans l'antiparlementarisme ambiant, le parlementaire qui défend les intérêts d'un territoire ou d'une cause même d'intérêt général, comme mon combat pour la santé publique et pour l'environnement, devient condamnable s'il intercède pour ces intérêts auprès du gouvernement. Moi, je défends ces nobles intérêts, ma ville, mon département, et, en conscience des causes qui peuvent même desservir mon intérêt personnel ou électoral. J'étais déjà, selon certaines critiques, coupable d'avoir obtenu, en tant que député, trop de subventions pour Woippy... J'assume.

 

Tant que la réserve parlementaire existe, je l'utiliserai. Si elle est supprimée, je ferai  comme tous les parlementaires. Je continuerai à défendre les intérêts légitimes que je représente. Si un jour, ces interventions sont qualifiées de conflits d'intérêts, plus personne ne défendra aucune cause et chacun ne défendra que lui-même. On n'y est pas encore mais on y va.