Question orale du 19/11/2013 à Monsieur le Ministre du Redressement Productif :

Publié le par francois-grosdidier.com

J'ai posé ce matin au Sénat une question orale au Ministre du Redressement Productif sur la fermeture du vapocraqueur  et les investissements annoncés par Total sur Carling-St-Avold ainsi que sur l'approvisionnement des sites de Sarralbe (voir ci-dessous)

 

En l'absence du ministre interpelé, quelle ne fut pas ma surprise de me voir répondre par la Ministre chargée des Français de l'Etranger, Hélène CONWAY-MOURET !!

 

Sa réponse confirme les engagements pris par Total, mais sans chiffre ni délai, et n'évoque en  rien les financements publics complémentaires pour revitaliser Carling ou pour cofinancer les investissements nécessaires à l'alimentation de Sarralbe.

 

J'ai répondu à la ministre que je restais sur ma fin.

 

Je lui ai surtout dit que, malgré la considération que j'avais pour sa personne et le respect, pour sa fonction, j'étais choqué de ce que le Gouvernement de la République puisse confier à  la Ministre chargée des Français de l'Etranger le soin de répondre à une question sur l'économie mosellane.

 

Je lui ai demandé si cela relevait de la désinvolture ou de la légèreté.

 

Je lui ai suggéré de rappeler à MM. AYRAULT et MONTEBOURG le retour de la Moselle dans la France depuis le 1918.

 

Je lui ai expliqué que c'était pour un Mosellan aussi vexatoire que si le Ministre des Affaires Etrangères répondait aux parlementaires d'outre-mer aux questions sur leur département ou collectivité.

 

§§§§§§§§§§§§§      

 

 

 

La restructuration de la plateforme pétrochimique de Carling-St-Avold est un nouveau bouleversement pour l'économie mosellane. La fermeture du vapocraqueur est un séisme de plus.  

 

Il frappe le bassin houiller qui avait assuré une large partie de sa reconversion par la pétrochimie . Cela arrive alors que le bassin sidérurgique n’est pas compensé, avec un indéfinissable centre de recherche publique, de la fermeture des hauts fourneaux de Gandrange et que l’agglomération messine voit avec Ecomouv s’évaporer un pan de la compensation de la perte de la restructuration de la Défense. Dans cette Moselle Est qui va encore plus mal que la Moselle Ouest, l’annonce de Total est tragique.

 

J’ai noté les engagements de ce groupe pour pérenniser l'activité et la spécificité du site, notamment les 160 millions d'euros d'investissements dans de nouvelles lignes de production de polymère, de matériaux thermoplastiques et de résines d’hydrocarbure.

 

Les 110 emplois qui seraient ainsi générés ne compensent pas les 210 emplois directement supprimés par la fermeture du vapocraqueur, et moins encore les plus nombreuses suppressions d'emplois induits, aujourd'hui non encore évaluées, chez les sous-traitants.

 

Ce sont donc tous ces emplois supprimés, directs et indirects qu'il faut considérer et compenser par la création d'autres emplois productifs en Moselle-Est.

 

Le groupe Total a exprimé clairement sa volonté de moderniser et d'adapter le site pétrochimique de Carling.

 

Comment les pouvoirs publics – État et collectivités territoriales – et les partenaires sociaux seront-ils associés au suivi des investissements projetés qui engagent l'avenir du Pays Naborien et de la Moselle-Est ?

 

Enfin, il y d’autres conséquences que celles sur les sous-traitants. Il y a celles sur l’approvisionnement en propylène et en éthylène des sites pétrochimiques, notamment INEOS et ARKEMA à Sarralbe.

 

Il faut obtenir les engagements et décider les investissements pour sécuriser les approvisionnements, tant sur le plan économique que sur le plan physique, pour assurer à la fois l'activité économique et la sécurité des populations concernées par les transports de matières dangereuses.

 

A l’évidence, cette situation nouvelle exige des investissements urgents, tant sur Carling que sur Sarralbe, d’au moins 25 millions d’euros par site, croisant financements publics et privés.

 

Y a-t-il des discussions tripartites entre TOTAL, ARKEMA et INEOS qui sont à la fois en relations de client/fournisseur et de concurrence ? Quels sont aussi les discussions et les engagements avec l’Etat ? Quels engagements le Gouvernement a-t-il reçus de la part de Total ? Quelles contributions financières apportera l’Etat à la revitalisation du site de Carling-St-Avold et à la sécurisation de l’approvisionnement des sites de Sarralbe ?

Publié dans INTERVENTIONS

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article