Ecofiscalité - septembre 2008

Publié le par francois-grosdidier.over-blog.com

« Notre maison brûle et nous regardons ailleurs. La nature, mutilée, surexploitée, ne parvient plus à se reconstituer et nous refusons de l’admettre… La terre et l’humanité sont en péril et nous en sommes tous responsables… Nous avons devant nous cinq chantiers prioritaires : le changement climatique d’abord… »

Jacques CHIRAC, Johannesburg, 2 septembre 2002

Paris, le 17 septembre 2008

Cher(e) Collègue,

Depuis quelques semaines, certains membres de notre groupe mènent une attaque en règle contre l’idée de fiscalité écologique, se faisant le relais de certains lobbies. Tous les arguments sont utilisés. Certains contestent même la réalité du réchauffement climatique et donc la nécessité d’une action environnementale. D’autres prétendent défendre les familles nombreuses, ou encore les droits du Parlement, ou encore la stabilité de l’économie dans un contexte difficile… Autant de prétextes pour ne rien faire !

L’écofiscalité : le meilleur moyen de changer des comportements…

L’information, la sensibilisation, l’éducation… ne suffisent pas. La règlementation contraignante n’est jamais préférable à l’incitation. Elle ne correspond guère à notre philosophie politique. L’incitation économique est à la fois la méthode la plus douce et la plus efficace pour conduire à un changement massif des comportements.

Le bonus-malus automobile l’a démontré, bien au-delà des prévisions de Bercy : + 50 % d’achats de véhicules moins polluants ; - 40 % de véhicules plus polluants.

Aujourd’hui, les produits écologiquement vertueux sont toujours plus chers que ceux dont la production ou l’utilisation sont écologiquement dommageables. Il suffit d’inverser le rapport entre les prix pour inverser la tendance des consommateurs, avec une efficacité certaine.

…et d’intégrer l’écologie à l’économie de marché.

La gauche et l’ultragauche utilisent l’écologie, comme un plus puissant levier que la lutte des classes, pour démontrer que l’économie de marché est incompatible avec la préservation des intérêts vitaux de l’humanité : la santé et l’environnement.

On peut et on doit démontrer le contraire : que l’économie de marché peut intégrer le coût écologique comme elle a su, au moins dans l’OCDE, intégrer le coût social.

C’est une nécessité pour la planète, en entraînant un changement majoritaire des comportements.

C’est aussi une nécessité pour notre famille politique, qui ne peut défendre l’économie de marché qu’en prouvant qu’elle sait répondre aux enjeux vitaux pour l’humanité.

Les ultralibéraux, qui font la « politique de l’autruche » sur l’environnement, condamnent le libéralisme en en offrant à l’opinion que sa caricature. L’UMP doit mettre en place en France et proposer au monde une « économie sociale et environnementale de marché ».

L’écofiscalité : la neutralité sur le montant global des prélèvements.

Son but n’est pas d’augmenter les recettes de l’Etat, mais de changer les comportements. D’où le principe du bonus-malus et son réajustement si nécessaire.

A cet égard, les critiques faites par certains de nos collègues sont encore de mauvaise foi. Si l’on veut ajuster le dispositif pour que le solde soit nul, ils protestent contre l’instabilité fiscale. Si le solde est positif pour l’Etat, ils crient au scandale de l’augmentation des prélèvements. Si le solde est négatif, ils hurlent à l’épouvante de la diminution des recettes fiscales…

L’écofiscalité n’est pas plus d’impôt, mais mieux d’impôt.

L’écofiscalité : une mesure sociale.

Qui sont les premières victimes des préjudices environnementaux ? Le plus souvent nos concitoyens les plus modestes. Ils seront donc premiers bénéficiaires d’un changement des comportements.

Qui ont le plus de difficultés à préserver leur santé par une alimentation plus saine mais aujourd’hui plus chère ? Nos concitoyens les plus modestes.

Qui aujourd’hui achètera un congélateur moins cher de 100 € mais consommant pour 30 € de plus par an, nos concitoyens les plus modestes ? Aujourd’hui non. Mais demain oui avec le bonus-malus pour l’électroménager. Il serait triplement vertueux : écologiquement, économiquement et socialement.

C’est pourquoi, chers Collègues, nous ne devons pas laisser quelques uns d’entre nous, pour de faux prétextes et les raisons les plus contradictoires, par volonté de gêner le gouvernement ou de relayer tel ou tel lobby, discréditer cette idée d’écofiscalité. Elle seule peut concilier développement et environnement. Elle seule peut sauver et l’humanité, et l’économie de marché.

Avec le Président de la République et la Gouvernement, nous devons relever ce grand défi.

Publié dans COMMUNIQUES

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