Communiqué sur le scrutin binominal aux élections départementales

Publié le par francois-grosdidier.com

Dans sa sagesse, le Sénat a rejeté le mode de scrutin départemental voulu par le gouvernement, imposant des doubles cantons représentés par deux conseillers départementaux, de sexe opposé. 

D’abord, le scrutin binominal brouille les responsabilités. Il crée des ambiguïtés et génèrera inéluctablement des conflits. Nous pratiquons soit le scrutin uninominal (un élu responsable), soit un scrutin de liste (avec une tête de liste responsable). Dans le scrutin binominal, deux responsables, donc aucun ! En outre, dans des mariages souvent forcés par la raison politique, le tandem risque d’être intenable et leurs interlocuteurs dans le canton, très gênés. 

Ensuite, avec le rééquibrage démographique qui s’impose de surcroît, ce système va créer des cantons gigantesques en territoire et en nombre de communes (en Moselle par exemple, beaucoup de cantons dépasseront la cinquantaine de communes, jusqu’à 130 communes dans le Saulnois !). Le nouveau conseiller départemental ne sera plus un élu de proximité. Il aurait fallu, au minimum, réserver le scrutin binominal aux zones urbaines et conserver le scrutin uninominal pour les zones rurales. 

Enfin, comme toute cause, la parité ne doit pas verser dans l’intégrisme. Aucun pays au monde, pas même les plus avancés en ce domaine comme l’Europe du Nord, ne l’ont ainsi poussé à l’extrême. La combinaison de deux dispositifs nouveaux, la mise en œuvre des nouvelles règles anti cumul et la possibilité pour le suppléant, obligatoirement de sexe opposé, de siéger en cas de démission du titulaire en cas de cumul (ce que j’ai fait dans le canton de Woippy au profit de Marie-Louise Kuntz) va booster la représentation féminine dans les assemblées départementales. 

Ni ringard, ni machiste, le Sénat est sage. Il est la chambre de pondération face à tous les excès législatifs.

 

Communiqué non repris par le Républicain Lorrain, qui avait pourtant diffusé un article caricatural et insultant pour le Sénat "ringard et machiste".