La revue du Trombinoscope - novembre 2013

Publié le par francois-grosdidier.com

Santé et environnement vont de pair

 

 

Le 2ème Plan Cancer touche à sa fin avec des priorités comme la réduction des inégalités face au cancer ou un renforcement de la qualité et de la sécurité des soins sur l’ensemble du territoire. Évoquée dans le 1er Plan Cancer, une meilleure connaissance des impacts cancérigènes des agents polluants présents dans l’environnement, tout simplement le lien primordial santé-environnement, est pour moi l’un des éléments clé de la lutte contre le cancer.

 

 

«  Farouche partisan du principe de précaution, une exigence et un intérêt doivent plus que jamais nous guider, celui de la santé publique et donc de la protection de l’environnement ».

 

 

En 2004, le professeur Dominique Belpomme était l’initiateur de l’Appel de Paris. Il faisait clairement le lien entre l’impact que peuvent avoir sur la santé, des molécules chimiques toujours plus nombreuses ainsi que la pollu­tion, dans la genèse de multiples pathologies, et tout particulièrement le cancer. En termes de santé publique, l’environnement repré­sente les facteurs physiques, chimiques et microbiologiques qui agissent sur notre santé comme l’ensemble des facteurs pathogènes « externes » (substances chimiques, radiations…) par oppositions aux facteurs « internes » comme la génétique. Le rôle de l’environnement dans l’apparition ou le déclenchement de certaines pathologies ne fait plus débat aujourd’hui ! Or, depuis les débuts de l’humanité, l’homme détruit son environnement en accélérant même le mouvement depuis l’apparition de la société de type industriel. De manière involontaire et inconsciente le plus souvent, sciemment dans certains cas.

 

 

Farouche partisan du principe de précaution, une exigence et un intérêt doivent plus que jamais nous guider, celui de la santé publique et donc de la protection de l’environnement. Le cas des pesticides est des plus instructifs. Ils sont largement étudiés et analysés avant de se retrouver dans les circuits de commercialisation. Et pourtant, nous savons qu’ils sont aujourd’hui sources d’effets nuisibles, que ce sont pour la plupart des perturbateurs endocriniens. Jean- Marie Pelt dans un article expliquait que le Projet Reach [Système intégré d’enregistrement, d’évaluation, d’autorisation et de restrictions des substances chimiques] de l’Union européenne avait testé un grand nombre de molécules chimiques mises sur le marché avant 1981, sans le moindre test de toxicologie. Il ne faut pas nous étonner ensuite de constater que beaucoup de ces mêmes molécules soient considérées comme cancérogènes, ou comme suspectes de l’être. La lutte pour que certains pesticides continuent à être utilisés a été rude, mais aussi symptomatique du fait que lorsque l’investissement financier devient plus important que la santé et l’équilibre écologique, les jours de l’homme sont en danger !

 

 

Autre exemple, les OGM. Membre de la mission d’information parlementaire sur les OGM dont le rapport fut adopté en 2005, j’ai vite compris la force des lobbys pro OGM, et ce que serait le débat parlementaire sur le projet de loi OGM (2008). Plus récemment, les études du professeur Séralini autour du maïs NK 603 et du Round Up ont prêté le flanc à des attaques d’une rare dureté, sans même laisser la place à un doute suffisant pour mettre en oeuvre le principe de précaution. L’entreprise de déstabilisation du professeur, le flot de critiques m’interpellent. On évoque des liens avec de graves maladies comme le cancer. Notre société devrait s’inquiéter, réagir, ce qui serait une attitude normale. Mais c’est tout le contraire qui se produit. Nous mesurons encore une fois le gouffre que les pouvoirs publics doivent combler en matière de santé et d’environnement.

 

 

Chacun d’entre nous est responsable, au quotidien, de ses actes et de ses conséquences sur l’environnement et la santé. Il serait enfin temps pour les pouvoirs publics d’avoir également des politiques cohérentes aux impératifs du développement durable.

 

 

La revue du Trombinoscope – Novembre 2013

 

 

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