Article de François Grosdidier paru dans la revue du Trombinoscope en mai 2014

Publié le par francois-grosdidier.com

Oui, l’ECOTAXE est un mécanisme nécessaire et indispensable à la France !

 

La France, de par sa situation géographique occupe un rôle tout particulier dans le réseau de transport Européen, c’est un atout, mais un atout qui a aussi son lot de difficultés, le transport routier de masse engendre incontestablement des nuisances.

 

Prévue dans la Loi Grenelle de 2009 pour les véhicules de plus de 3,5 tonnes empruntant les routes nationales, départementales et communales, soit plus de 15.000 kilomètres dans 65 départements, l’Ecotaxe est censée rapporter 1,1 milliard d'euros.

 

La France a besoin d’un signal fort pour faire évoluer les comportements en faveur de modes de transports plus durables. Elle ne peut plus absorber sur ses routes, parce que l’Allemagne et la Suisse ont instauré une taxe poids lourds, un flot de camions qui ne s’acquitteraient pas d’un droit d’usage.

 

Et le lien avec les collectivités territoriales est fort puisqu’une partie des recettes Ecotaxe leur est destinée pour l’entretien du réseau routier qu’elles gèrent.

 

Mais ce lien précis va encore plus loin. Le triptyque Ecotaxe – Collectivités – Grands travaux est aujourd’hui porteur de plus d’une centaine de grands chantiers liés aux transports collectifs. Et la suspension de l’Ecotaxe a sur eux des effets négatifs puisqu’ils sont suspendus, une partie de l’argent récoltée devait les financer. C’est donc un coup d’arrêt fatal qui est opposé au développement des collectivités.

 

Et avec les dernières annonces du gouvernement, ça va continuer. C’est du perdant-perdant :


  • Perdant pour l’écologie : réchauffement climatique avec le CO2, particules avec le diesel, pollution de l’eau avec le maintien de l’élevage intensif, souffrance animale dans les transports…      

  • Perdant pour l’emploi : encouragement de la délocalisation au détriment des filières courtes et de l’emploi local, perdant pour la Bretagne et l’activité agroalimentaire, perdant pour la Lorraine, Ecomouv devait compenser les restructurations militaires…          

  • Perdant pour les finances publiques : financement par les autres impôts (sur le revenu, TVA) des dépenses de l’Etat qui devaient l’être par l’Ecotaxe, idem à l’échelle des départements, indemnisation d’Ecomouv par l’Etat…              

 

Les pouvoirs publics s’y prennent mal, il est impossible aujourd’hui de tirer un trait définitif sur un tel système. En période de crise, alors que le gouvernement peine à trouver des sources d’économies, comment imaginer l’abandon définitif de l’Ecotaxe ? Comment le gouvernement pourrait justifier le versement de plusieurs centaines de millions d’euros à la société Ecomouv en dommages et intérêts, alors qu’il peine à trouver des sources d’économies.

 


Mais quelles solutions mettre en avant ? Comment continuer à financer, comme je l’ai dit précédemment, une grande politique de travaux en liaison avec les collectivités, si l’Etat doit investir lui-même ?

 

Et que dire des propositions émanant du Ministère de l’Ecologie. Il est impossible de mettre une vignette en place qui ne toucherait que les transporteurs étrangers. De même, pourquoi les sociétés d’autoroute accepteraient-elles de partager leurs bénéfices ? Le manque à gagner serait répercuté tôt ou tard sur le coût des péages.  

 

L’Ecotaxe est donc nécessaire, quelques aménagements envisageables, mais elle représente une chance pour nos territoires, une aide indispensable pour les collectivités.

 

 

Article de La revue du Trombinoscope de mai 2014

 

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