Textes écologistes en débat au Sénat : le meilleur et le pire !

Publié le par francois-grosdidier.com

Le Sénat aujourd’hui, dans le cadre de la « niche » du groupe EELV, débat de textes qui proposent le meilleur et le pire.

LE MEILLEUR, LA LIMITATION DES PESTICIDES :

Le meilleur est la proposition de résolution relative à la préservation des insectes pollinisateurs, de l’environnement et de la santé et un moratoire sur les pesticides de la famille des néonicotinoïdes, dont je suis l’un des cosignataires, avec des sénateurs de tous les groupes.

Je regrette la position majoritaire de mon groupe UMP. Hormis Sophie Primas qui avait excellemment présidé la mission d’information sénatoriale sur les pesticides et leurs impacts sur la santé, ses intervenants ont nié la nécessité de restriction, alors que l’autolimitation des professionnels ne fonctionne pas.

Six ans après le lancement Le plan Ecophyto prévoyait de diminuer de moitié l’usage de pesticides d’ici à 2018. Sans contrainte, l’usage n’a pas baissé mais augmenté de plus de 10 % entre 2009 et 2013.

Les premiers résultats du programme européen de surveillance de la santé des colonies (EPILOBEE) confirment les très forts taux de mortalité de colonies des pays du Nord de l’Europe, et du taux de 30 % en France.

L’abeille et les autres insectes pollinisateurs sont le vecteur indispensable à la biodiversité et aux rendements des cultures agricoles. La valeur économique de la pollinisation est estimée à 153 milliards d’euros par an. Elle conditionne 35 % de la production mondiale de nourriture. Tous n’auront pas les moyens des agriculteurs américains qui, après avoir tué les insectes, pollinisent par avion.

LE PIRE, LA LÉGALISATION DU CANNABIS :

Le pire est la proposition de loi autorisant l’usage contrôlé du cannabis. Elle me paraît en contradiction totale avec la première. Le cannabis est encore plus néfaste à la santé humaine que l’usage intensif de pesticides. Si je suis aussi porté sur la défense de l’environnement, c’est d’abord parce qu’à travers lui, nous défendons la santé humaine. Je ne comprends pas l’incohérence d’EELV (Europe Ecologie – Les Verts).

La légalisation serait le plus puissant contre-signal opposé à tous discours de prévention. J’en parle comme un maire concerné, qui a fait reculer les trafics dans sa ville. Que penseront les jeunes que l’on prévient des risques ? Ils se diront que « si ce qui était interdit est désormais autorisé, c’est que c’est pas si mal » ! Ce feu vert contredirait toutes les politiques de santé publique et de sécurité routière.

Ce feu vert aurait-il l’avantage d’enlever la raison d’être des trafics ? Non ! Les réseaux délinquants, tant qu’ils ne sont pas démantelés, ont besoin de vivre. Ils se reporteront sur les drogues dures. Cela s’est vérifié dans tous les pays qui en ont fait l’expérience.

Enfin, faut-il l’autoriser, comme le dit EELV, parce que le phénomène persiste malgré l’interdiction ? C’est un raisonnement absurde. Tous les comportements délinquants et même criminels persistent depuis l’aube de l’Humanité. Faut-ils alors tous les autoriser ? Bien sûr que non.

Je suis bien sûr totalement en phase avec le Groupe UMP, les centristes et la majeure partie de la gauche.

Je crois que le combat pour l’environnement et la santé humaine est un. Je le mène dans la cohérence intellectuelle, quitte à le faire dans l’indépendance à l’égard des groupes aux positions arrêtées. Je l’avais déjà fait à l’Assemblée Nationale. C’est plus facile au Sénat.

 

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